Mon histoire

Je suis né un soir du 22 mai 1963 à la maternité de Nevers dans la Nièvre. De Biteur Louis et Boudron Marie-Bernadette. Je suis le dernier né du couple. Mon papa à cette époque était ouvrier agricole, il travaillait pour le Comte de Bréchard, ma mère était mère au foyer, enfin cela était peut-être un bien grand mot...tous mes  frères et sœurs étaient placés à l’Assistance Publique par décision de justice, la raison en était le décès prématuré de ma sœur Brigitte quelques mois après sa naissance.

Mon papa ne savait ni lire, ni écrire, car celui-ci d’origine de Mousseaux, ses parents étaient ouvriers agricoles et il n’a pas eu le bonheur de fréquenter trop souvent l’école car il a du travailler de bonne heure pour subvenir aux besoins de sa famille, bien que filleul de la Princesse de Croÿ et de De Saint Phalle, personnages incontournables de Saint Benin d’Azy.

Pour ce qui en est de son épouse, originaire d’Andenas (commune d’Alluy), issue d’une famille de vanniers. Celle-ci savait lire et à peu près écrire. Elle fut placée à la DDASS en tant que pupille, et fréquenta les maisons de redressement.

Enfin, pour en revenir à moi-même, tout se passa à peu près bien jusqu’à mes 3 ans où je fus gardé par un grand oncle  de ma mère, celui-ci étant aveugle, je fus attiré par des boites de bonbons de toutes les couleurs. Mais malheureusement pour moi ce n’était que des médicaments qui servaient à traiter l’ensemble de la famille. Quand ma mère arriva d’une longue promenade dans les bois quelques heures plus tard, j’étais déjà semi-inconscient, et je fus transporté en pédiatrie à Nevers pour subir des lavages afin de me désintoxiquer. Quelques semaines plus tard, je rejoins le foyer familial. Puis quelques mois passent, et je fus atteint de douleurs extrêmement violentes dans le bas du ventre, j’hurlais sur mon lit. C’est alors que le médecin de famille découvrait que j’étais en train de faire une invagination, qui sera suivie de plusieurs occlusions intestinales qui m’ont coûté de longs séjours à l’hôpital, souvent supérieurs à 45 jours. C’est vers l’âge de 11 ans que je fus enfin définitivement délivré de ces soucis, j’en ai gardé comme souvenir cette large cicatrice sur mon abdomen, qui a été pratiquée par le chirurgien, le Docteur Gitard.

Je suis allé à l’école de Chitry les Mines, où j’y ai gardé la plupart de mes souvenirs d’enfant normal, je me souvient parfaitement de mon maitre d’école, monsieur Bonnotte, un grand bonhomme vêtu de noir et de gris, avec son béret noir, sa pipe en bouche et ses lunettes en écaille. Celui-ci était un homme remarquable qui avait eu le don de me rendre curieux et avide de savoir.

A cette époque mon papa travaillait chez Jean Simon, à Chaumot. Il faut dire que mon papa changeait souvent d’employeur à cause du caractère de son épouse (ma mère) qui ne se gênait pas pour les agresser de sa forte voix! Puis un jour, ma mère décida avec un pseudo-psychologue de me placer dans une école spécialisée pour les enfants qui avaient des difficultés, à Corvol-l’Orgeuilleux, où j’y suis resté deux ans. Puis je fus redirigé sur un lycée professionnel à Varzy pour apprendre le métier de mécanique générale. Ensuite, je suis parti en centre de formation professionnelle pour adulte pour apprendre le métier de soudeur. Puis est arrivé le moment que je parte à l’armée, où j’effectua mes classes à Montbelliard dans le Doubs, malheureusement je n’ai pas pu faire le temps qui m’était imparti car lors d’une permission, en revenant à ma caserne, j’ai perdu connaissance dans le train, et je me suis réveillé à l’hôpital militaire de Strasbourg en Alsace deux mois après. C’était du à un accident auto que j’avais eu sur le trajet de mon école à Chitry les Mines quand je n’avais que 12 ans. Mais cela n’est qu’une partie de l’iceberg car ma mère aimait me montrer son amour à l’aide de bâton de noisetier, et cela aussi d’ailleurs bien après mon premier mariage où je me suis enfuit avec mon épouse et ma fille Angélique qui n’était âgée que de quelques mois. Je n’ai plus fréquentée ma mère pendant de longues années, mais mon ex-épouse décida de renouer avec elle. Ma mère, pour gommer ce lourd passé  nous faisait don d’argent , ce qui n’a jamais apaisé ma douleur. Ce n’est pourtant pas faute de surveillance que les services sociaux maintenaient sur elle de temps à autres, mais elle s’en sortait toujours magistralement en affichant une bonne foi hypocrite et déconcertante. Dans toute sa vie, elle se comporta comme un acteur de grand théâtre, où de temps à autre elle feint le malheur, la tristesse, la maladie , et bien d’autres encore. Comme ça tout a chacun s’apitoyait sur son sort, et nul ne comprenait la douleur de son mari ni les blessures de son fils. Et encore de nos jours, celle-ci continue de manipuler les autres personnes à ses fins.

Il y a à peu près un an, nous cessions de nouveau de nous fréquenter, suite à une dispute à propos de mon pauvre père. Car celle-ci prétendait que son époux la fatiguait, lui faisait du mal. Or, ce pauvre homme tenait à peine debout car il avait subit quelques années auparavant plusieurs incidents cardiaques, ce qui lui a valu l’implantation d’un Pacemaker. Il faisait aussi de l’œdème et du diabète. Il avait travaillé la terre toute sa vie, mais la terre le lui a mal rendu. Pour se venger, celle-ci ne nous tient pas au courant du décès de mon pauvre père, ni moi, ni ses autres enfants et petits enfants. J’en fus avisé par le biais d’un cabinet de généalogie qui était à la recherche des ayants-droit de mon défunt papa.

Je pensait avoir connu toutes les douleurs physiques ou morales, mais celle-là est incommensurable! Perdre un être cher sans voir sa dépouille, ni même avoir fait son deuil, c’est horrible. Je comprends les familles dont un membre a disparu.

Je ne juge ni ne donne de conseils à personne, et j’invite tous ceux qui croient me connaitre à en faire autant.